Modèle Noël & Famille
Notre Album de Famille
Idéal : pour transmettre l'histoire familiale : grands-parents, fête des mères ou des pères, réunion de famille.
- Magazine-héritage façon patrimoine
- Des portraits de génération en génération
- Grandes dates et transmission
- Grand récitCARNETS DE COLETTEGrand récit · Archives 1963Le facteur, l’institutrice et les sept pieds écrasésLe 14 juillet 1963, sur la place de Varennes, un jeune facteur invite la nouvelle institutrice à danser. Il lui marche sur les pieds sept fois. Elle a compté. Elle a dit oui quand même.
Ce soir-là, l’orchestre joue des valses sous les lampions de la mairie. Colette Barbier, dix-huit ans et demi, robe à pois cousue par sa mère, vient d’être nommée à l’école communale. Henri Ferrand, vingt-deux ans, distribue le courrier du canton sur un vélo bleu dont il est très fier. Il a mis sa plus belle chemise et beaucoup trop de gomina.
Il traverse la piste, s’incline comme au cinéma et l’invite pour la valse. Premier pied écrasé à la deuxième mesure, le septième juste avant la fin. « Vous dansez comme vous triez le courrier ? » demande-t-elle. « Non, mademoiselle. Le courrier, je le fais bien. »
« Henri danse toujours aussi mal et Colette compte toujours. Mais quand il l’invite au milieu du salon, elle accepte à chaque fois. »Pendant deux ans, le facteur fait un détour par l’école chaque jour de classe. Il n’a pourtant rien à déposer : il s’invente des colis, des recommandés, un télégramme imaginaire. Colette n’est pas dupe, mais elle guette son vélo par la fenêtre pendant la dictée de dix heures.
Ils se marient le 21 août 1965, sous une chaleur à faire fondre les dragées. Le soir même, Colette ouvre son premier carnet à spirale et y écrit trois lignes qu’elle refuse toujours de nous montrer. En 1968, ils achètent la maison de la rue des Tilleuls et repeignent les volets d’un bleu que toute la famille appelle encore « le bleu Colette ».
Puis viennent Catherine, Philippe, les dimanches à rallonge, les vacances en 4L et des générations d’enfants du village qui apprennent à lire avec elle. Aujourd’hui, Henri danse toujours aussi mal et Colette compte toujours. Mais à Noël, quand il l’invite au milieu du salon, elle accepte à chaque fois.
06Le grand récit
- L'entretienCARNETS DE COLETTEL’entretien au coin du feuColette : « J’ai toujours un stylo rouge dans mon sac »Elle a fait réciter les tables de multiplication à trois générations d’enfants. Pour une fois, c’est elle qu’on interroge. Rendez-vous dans sa cuisine, entre la cafetière italienne et le calendrier des Postes, pour un entretien sans antisèche.Mamie, commençons par le commencement : quel est ton tout premier souvenir de Noël, petite fille ?
Noël 1950, chez mes parents. Une orange, un sucre d’orge et une poupée de chiffon que ma mère avait cousue la nuit, en cachette, avec les chutes de ses tabliers. Je l’ai appelée Mireille. Elle dort toujours dans l’armoire de la chambre bleue, et personne n’a le droit d’y toucher. Pas même Lina.
Trente-six ans à l’école communale de Varennes : quel élève t’a donné le plus de fil à retordre ?Ton oncle Philippe, sans hésiter. Il était dans ma classe en 1977 et m’appelait « Madame » devant les copains, puis « Maman » dès la sortie. Il a fini par avoir son certificat, et j’ai fini par lui pardonner le hamster lâché pendant la visite de l’inspecteur.
Toute la famille en rêve depuis des décennies : quel est le vrai secret de ta bûche au café ?Une cuillère de café froid de la veille, beaucoup de patience et un mari qu’on envoie promener pendant que la crème monte. Le reste, je l’emporterai avec moi. Ou je l’écrirai dans le carnet n° 24, si vous êtes sages et si vous finissez vos assiettes.
Soyons honnêtes, puisque c’est une interview vérité : Papi Henri danse-t-il mieux qu’en 1963 ?Non. Mais il a d’autres qualités : il répare tout ce qui grince, il connaît le prénom de tous les chiens du village et il me rapporte des croissants chaque dimanche depuis soixante et un ans. Pour les pieds, j’ai investi dans des chaussures solides.
Vingt-trois carnets dans la boîte à biscuits : si tu ne devais en garder qu’un, lequel choisirais-tu ?Le n° 9, celui de 1993. La naissance de Clara, ma première petite-fille, un 3 mars sous la neige. J’y ai collé son bracelet de maternité et j’ai écrit : « Elle a mes yeux et le caractère de son grand-père. » Je ne m’étais pas trompée, d’ailleurs.
Pour finir, quel conseil voudrais-tu donner à tes petits-enfants et à tes arrière-petits-enfants ?Écrivez. Les mots tiennent plus longtemps que les photos, et ils ne prennent pas de place dans le téléphone. Appelez vos parents le dimanche, gardez toujours des biscuits pour les visites imprévues et n’oubliez jamais l’accord du participe passé.
09L'interview
- L'album photoCARNETS DE COLETTEnos plus beaux souvenirsLes plus beaux tirages de l’album de familleExtraits de la boîte à photos du buffet, entre deux pochettes de pellicules et un ticket du bal de 1963. Légendes de Colette, recopiées fidèlement (fautes comprises : il n’y en a aucune).Papi Henri, maître d’œuvre de la maison en pain d’épice. Le toit a tenu bon.Jules accroche sa toute première boule. Avec un peu d’aide. Beaucoup, en fait.Maxime et Jules à la pépinière : quarante minutes pour choisir le même sapin.Lina, cinq ans, fait les présentations officielles entre le renne et le sapin.Le 24 au soir, rue des Tilleuls : tous par terre, et personne ne veut se relever.Hugo, Sarah et Lina sous les guirlandes. Le bonnet ? Tricoté par Mamie, bien sûr.12
L'album